Emmanuel Macron a annoncé mardi le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle, d’avions Rafale, d’une frégate et de moyens de défense anti-aérienne au Moyen-Orient pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines
La position de Macron est celle d’un équilibriste sur un fil tendu entre deux abîmes. D’un côté, il pointe la « responsabilité première » de l’Iran : son programme nucléaire aux ambitions dévastatrices, ses missiles balistiques, son ordre de tirer sur son propre peuple lors des grandes manifestations de janvier. De l’autre, il reconnaît sans détour que Washington et Tel-Aviv ont conduit leurs opérations « en dehors du droit international », une critique ferme que ni Olivier Faure ni Jean-Luc Mélenchon n’ont jugée suffisante. Le chef de l’État ajoute néanmoins, avec une froideur historique assumée : « L’histoire ne pleure jamais les bourreaux de leur peuple. Aucun ne sera regretté. » Un épitaphe diplomatique qui claque comme un drapeau dans le vent.
Sur le terrain militaire, la France a cessé d’observer pour agir. Des Rafale ont décollé. Des systèmes de défense anti-aérienne et un radar Awacs ont été déployés dans les premières heures du conflit. La frégate multimissions Languedoc et des moyens anti-aériens cinglaient vers Chypre dès mardi soir. Et surtout, comme un poing d’acier levé au-dessus de la Méditerranée, le porte-avions Charles de Gaulle, jusqu’alors en mission arctique dans les eaux froides de Malmö, a reçu l’ordre de faire cap au sud. La France a déjà abattu des drones « en légitime défense » et deux de ses bases ont subi des frappes. La posture est officiellement « strictement défensive », mais nul n’est dupe : quand on envoie un groupe aéronaval, on ne joue plus aux échecs.
Sur le front intérieur, le dispositif Sentinel est renforcé, les lieux sensibles sous haute surveillance. Deux vols de rapatriement ont atterri à Paris dès mardi soir. En parallèle, Macron tisse les fils d’une coalition internationale pour sécuriser le canal de Suez et le détroit d’Ormuz, par où transitent un quart du pétrole mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié. La France a choisi son camp sans perdre sa boussole. Elle agit, elle parle, elle navigue. Mais la tempête, elle, est loin d’être calmée.














