Le verdict est tombé. Le classement annuel des « 500 Champions africains » de Jeune Afrique, établi à partir des chiffres d’affaires de l’exercice 2024, livre une photographie sans filtre de l’économie gabonaise sur la scène continentale. Huit entreprises gabonaises, donc Comilog en tête, figurent dans ce palmarès prestigieux, contre neuf l’année précédente. Un recul d’une unité qui, loin d’être anodin, traduit les tensions d’un tissu économique en pleine recomposition, tiraillé entre la dépendance aux ressources extractives et une ambition de souveraineté économique encore en chantier.
COMILOG, SOGARA, GOC : le trio extractif qui porte le Gabon à bout de bras
En tête du classement national, COMILOG confirme sa domination avec un chiffre d’affaires de 1 174 millions de dollars, talonnée de près par la SOGARA à 1 138 millions et la Gabon Oil Company (GOC) à 908 millions. Ces trois géants de l’extraction minière et pétrolière concentrent à eux seuls l’essentiel de la puissance économique gabonaise répertoriée. Derrière ce podium, Maurel & Prom (808 millions) et TotalEnergies EP Gabon (485 millions) complètent un Top 5 entièrement dominé par les hydrocarbures et le manganèse. Un constat qui sonne comme un rappel : l’économie gabonaise reste adossée à son sous-sol, même quand elle rêve de s’en émanciper.
Classement national 2026
1er : COMILOG / Chiffre d’affaires : 1 174 millions de dollars
2e : SOGARA / Chiffre d’affaires : 1138 millions de dollars
3e: GABON OIL COMPANY (GOC) / Chiffre d’affaires : 908 millions de dollars
4e : MAUREL & PROM / Chiffre d’affaires : 808 millions de dollars
5e : TTOTAL ENERGIES EP GABON / Chiffre d’affaires : 485 millions de dollars
6e : SEEG / Chiffre d’affaires : 384 millions de dollars
7e: CECA-GADIS / Chiffre d’affaires : 272 millions de dollars
8e : TULLOW Gabon / Chiffre d’affaires : 248 millions de dollars
SEEG, CECA-GADIS, Tullow : les sentinelles de la diversification
La deuxième moitié du classement national offre un tableau plus nuancé. La SEEG (384 millions de dollars), acteur incontournable de l’accès à l’eau et à l’électricité, confirme son ancrage dans l’économie réelle des ménages gabonais. CECA-GADIS (272 millions), fleuron de la distribution nationale, et Tullow Gabon (248 millions), dernier représentant pétrolier du classement, ferment la marche. Leur présence témoigne d’une économie qui cherche, laborieusement, à élargir sa base productive au-delà de la rente extractive.
Ce classement, compilé par Jeune Afrique à partir d’une base de données de plus de 15 000 entités africaines, exclut les secteurs financier et assurantiel, qui font l’objet d’un classement distinct. Tous les chiffres sont convertis en dollars au taux de clôture de l’exercice. Une méthodologie rigoureuse pour un verdict sans appel : le Gabon reste debout sur le continent, mais son modèle économique a besoin d’un second souffle.




