Au Gabon, la dynamique du marché du travail met en lumière un rôle prépondérant de l’État dans la création d’emplois. Entre 2020 et 2024, les données officielles montrent une progression modérée de l’emploi dans le secteur moderne, marquée toutefois par une contribution plus importante du secteur public que du secteur privé. Cette tendance soulève des enjeux structurels dans un contexte international où la diversification économique demeure un levier essentiel de croissance.
Une croissance globale portée par le secteur public
Selon les statistiques de la Direction générale de l’Économie et de la politique fiscale, le nombre total de travailleurs dans le secteur moderne a atteint 196 257 en 2024, enregistrant une hausse de 4 % par rapport à l’année précédente. Cette évolution traduit une reprise progressive de l’emploi formel après les perturbations économiques des dernières années.
Cependant, cette croissance repose largement sur le secteur public, dont les effectifs ont augmenté de 5,3 %, contre 2,4 % pour les entreprises privées. Cette différence met en évidence le rôle central de l’administration dans l’absorption de la main-d’œuvre, notamment à travers des politiques de recrutement et de régularisation des agents.
Une répartition déséquilibrée des emplois
En 2024, le secteur public représente 56 % des emplois du secteur moderne, soit 110 347 agents, contre 44 % pour les sociétés privées, qui totalisent 85 910 emplois. Cette répartition confirme une structure du marché du travail encore largement dominée par l’État.
La progression de la part du secteur public, observée depuis 2022, s’explique principalement par l’intégration de nouveaux agents dans les administrations ainsi que par la formalisation de situations administratives jusque-là précaires. Cette dynamique contribue à renforcer le poids de l’emploi public dans l’économie nationale.
Plus de 11 000 emplois créés en deux ans
Sur la période 2022-2024, le secteur moderne a enregistré une augmentation nette de 11 024 emplois, passant de 185 233 à 196 257 travailleurs. Cette progression, bien que significative, reste modérée au regard des besoins du marché du travail, notamment face à la croissance démographique. Mais on retient que l’Etat est le premier dans la création d’emplois au Gabon.
Le secteur public a généré à lui seul plus de la moitié de ces nouveaux emplois, avec 5 603 postes supplémentaires. De son côté, le secteur privé a contribué à hauteur de 1 995 emplois, confirmant une croissance plus limitée mais néanmoins soutenue dans certaines branches économiques.
Un secteur privé en soutien de la croissance
Malgré sa contribution plus modeste, le secteur privé continue de jouer un rôle important dans la dynamique de l’emploi, notamment dans des domaines comme le bâtiment et les travaux publics ainsi que l’agriculture. Ces secteurs bénéficient d’investissements et de programmes de développement qui stimulent l’activité économique.
Toutefois, la progression du secteur privé demeure dépendante de facteurs structurels tels que l’environnement des affaires, l’accès au financement et la diversification économique. Dans un contexte international marqué par la compétitivité accrue, ces éléments constituent des leviers déterminants pour renforcer la capacité du secteur privé à créer davantage d’emplois.
Un défi structurel pour l’économie gabonaise
La prédominance de l’emploi public pose la question de la soutenabilité du modèle économique gabonais. Si l’intervention de l’État permet de stabiliser le marché du travail à court terme, elle souligne également la nécessité de renforcer le tissu entrepreneurial afin d’assurer une croissance plus équilibrée.
Dans cette perspective, les autorités sont appelées à encourager l’investissement privé et à favoriser l’émergence de nouveaux secteurs porteurs. L’enjeu est de parvenir à un meilleur équilibre entre emploi public et privé, condition essentielle pour une croissance durable et inclusive dans un environnement économique en mutation rapide.




