Le partenariat entre le Gabon et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a connu une expansion notable entre 2015 et 2025. Selon les données publiées par l’institution, les engagements financiers ont atteint 914,99 millions d’euros, soit environ 600 milliards de francs CFA sur la période.
Dans le même temps, le portefeuille actif de la BAD au Gabon est passé de 11,64 millions d’euros en 2015 à 557,37 millions d’euros au 28 février 2026. Cette évolution traduit un renforcement significatif de la coopération bilatérale, orientée vers les infrastructures, la diversification économique et le développement du capital humain.
Des priorités axées sur les infrastructures et la diversification
Au total, vingt opérations ont été approuvées en faveur du Gabon sur la période considérée. Ces financements visent principalement à soutenir des projets structurants, notamment dans les secteurs des transports et des mines, considérés comme des leviers essentiels de transformation économique.
En mission à Libreville du 8 au 15 mars 2026, une délégation conduite par Léandre Bassolé a rencontré plusieurs autorités gabonaises, dont le vice-président de la République Alexandre Barro Chambrier, ainsi que le vice-président du gouvernement Hermann Immongault.
À l’issue des échanges, les responsables ont réaffirmé leur convergence de vues sur les priorités de développement. « Le Gabon et le Groupe de la Banque africaine de développement partagent une vision commune », a déclaré Hermann Immongault, soulignant l’importance d’accélérer la transformation structurelle de l’économie nationale.
Des retards préoccupants sur certains chantiers
Malgré ces avancées, la mission a mis en évidence des difficultés dans la mise en œuvre de certains projets. Le chantier de la route Ndendé-Doussala, long de 46 kilomètres, affiche un taux d’exécution de seulement 27 % début mars 2026, alors que 62 % du délai contractuel est déjà écoulé.
Face à cette situation, la BAD et les autorités gabonaises ont exprimé leurs inquiétudes quant au respect des échéances. Une réorganisation rapide du chantier a été exigée afin d’éviter des retards supplémentaires susceptibles de compromettre l’achèvement du projet.
« La qualité de l’exécution est pour nous aussi importante que l’ambition des investissements », a rappelé Léandre Bassolé, évoquant un risque élevé de non-achèvement à l’horizon 2026 si des mesures correctives ne sont pas mises en œuvre rapidement.
Un financement structuré et des partenaires mobilisés
Le projet de la route Ndendé-Doussala s’inscrit dans le cadre du Programme d’appui au secteur des infrastructures au Gabon. Il bénéficie d’un financement de 92,78 millions d’euros de la BAD, complété par un cofinancement de 44,83 millions d’euros de l’Africa Growing Together Fund.
Ce montage financier illustre la volonté des partenaires de soutenir des projets structurants à fort impact économique et social, tout en renforçant la connectivité régionale.
Une coopération appelée à se consolider
Au-delà des difficultés ponctuelles, la mission a permis de consolider le dialogue entre les deux parties et de réaffirmer leur engagement commun. Les autorités gabonaises et la BAD entendent poursuivre leurs efforts pour accélérer la mise en œuvre des projets et améliorer leur efficacité.
Dans un contexte marqué par la nécessité de diversifier l’économie, ce partenariat apparaît comme un levier stratégique pour soutenir une croissance durable et inclusive. Les prochains mois seront déterminants pour traduire ces ambitions en résultats concrets sur le terrain.




