Officiellement déchu de leur titre de champion d’Afrique par l’instance continentale du football, les Lions de la Teranga, du Sénégal, ont bravé la polémique en exhibant fièrement le trophée de la CAN devant un Stade de France comble, avant leur match amical face au Pérou samedi, ont confirmé des journalistes de l’AFP présents sur place.
Koulibaly mène un tour d’honneur historique
Le capitaine Kalidou Koulibaly a serré le trophée étincelant contre lui avant de conduire l’intégralité du groupe sénégalais, en survêtement, sur la pelouse, au rythme d’un concert live de Youssou Ndour, icône musicale incontournable du pays. Les joueurs ont effectué un tour de terrain complet, se passant la coupe sous les ovations de milliers de supporters. Koulibaly et le gardien Edouard Mendy ont ensuite porté le trophée jusqu’à la tribune présidentielle, où ils l’ont présenté devant le président de la fédération, Abdoulaye Fall.
Une marée humaine déferle sur Saint-Denis
Dès 14 heures, des milliers de supporters sénégalais, mêlés à des fans péruviens, ont convergé en masse vers le Stade de France dans une ambiance festive et bon enfant. Il s’agissait du premier match des Lions depuis la finale de la CAN disputée le 18 janvier à Rabat, où le Sénégal avait battu le Maroc 1-0 sur le terrain. La rencontre avait toutefois été entachée d’un épisode controversé, les joueurs sénégalais ayant temporairement quitté la pelouse après l’attribution d’un penalty litigieux en faveur de l’équipe marocaine.
La CAF renverse le résultat sur tapis vert
Le 17 mars, le jury d’appel de la Confédération africaine de football a annulé la victoire sénégalaise, invoquant les articles 82 et 84 du règlement de la CAN. Ces dispositions stipulent que toute équipe qui « refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire sera considérée comme perdante et définitivement éliminée de la compétition ».
Le Sénégal saisit le TAS
Refusant de s’incliner, la Fédération sénégalaise de football a officiellement interjeté appel devant le Tribunal Arbitral du Sport mercredi. La fédération se considère toujours comme le légitime détenteur du titre et entend ne pas céder un sacre arraché sur le terrain.
Ce geste de défi retentissant dans l’un des stades les plus emblématiques d’Europe confirme que le bras de fer du Sénégal pour conserver sa couronne est loin d’être terminé, sur le plan juridique comme symbolique.




