Paris, jeudi 2 avril 2026 — L’eurodéputée française Rima Hassan, élue sous l’étiquette de La France insoumise, a été placée en garde à vue ce jeudi 2 avril 2026 à Paris dans le cadre d’une enquête pour apologie du terrorisme. Mais c’est la découverte simultanée de stupéfiants dans son sac qui a transformé une convocation judiciaire attendue en une journée à deux fronts, susceptible de marquer durablement la trajectoire politique de l’une des personnalités les plus polarisantes du Parlement européen.
Un tweet sur un auteur d’attentat au cœur de la procédure
L’élément déclencheur de cette garde à vue est un message publié fin mars sur le réseau social X, depuis supprimé, dans lequel Rima Hassan rendait hommage à Kōzō Okamoto. Ce ressortissant japonais, membre de l’Armée rouge niponne, est le seul survivant du commando responsable de l’attentat de l’aéroport de Lod — aujourd’hui Ben-Gourion — perpétré en mai 1972, qui avait coûté la vie à vingt-six personnes et blessé des dizaines d’autres. Dans ce message, l’eurodéputée évoquait ce qu’elle présentait comme un devoir de résistance, une formulation que les enquêteurs du pôle national de lutte contre la haine en ligne ont estimé susceptible de constituer une apologie d’actes terroristes. La garde à vue visait à préciser le sens politique et juridique de cette publication avec son auteure.
Stupéfiants découverts lors de la convocation : un second volet explosif
La journée a pris une tournure inattendue lorsque les enquêteurs du 2e district de la police judiciaire ont découvert dans le sac de l’élue plusieurs grammes d’une substance identifiée comme une drogue de synthèse. Ces substances psychoactives fabriquées en laboratoire, généralement conditionnées en poudres ou comprimés, ont entraîné l’ouverture d’une procédure distincte pour usage, transport et détention de stupéfiants. La nature exacte de la substance et la quantité exacte saisie n’ont pas été officiellement précisées. Sur le plan pénal, les sanctions encourues varient significativement selon la qualification retenue : jusqu’à un an de prison et 3 750 euros d’amende pour l’usage, mais jusqu’à dix ans de prison et 7,5 millions d’euros d’amende pour le transport ou la détention. Une distinction dont l’enjeu judiciaire est considérable.
Une élue déjà dans le viseur de la justice
Cette garde à vue ne constitue pas un premier épisode judiciaire pour Rima Hassan. Dès 2023, des déclarations formulées dans les jours suivant les attaques du 7 octobre avaient conduit à l’ouverture d’une enquête pour apologie du terrorisme. En décembre 2024, l’Observatoire juif de France avait déposé plainte en s’appuyant sur des messages dans lesquels l’eurodéputée évoquait la résistance armée palestinienne. Ces affaires successives dessinent le portrait d’une élue dont la communication en ligne fait l’objet d’une surveillance judiciaire soutenue.
LFI dénonce un harcèlement judiciaire, la question de l’immunité posée
Au sein de La France insoumise, plusieurs responsables ont réagi en dénonçant ce qu’ils qualifient de harcèlement judiciaire systématique à l’encontre des voix pro-palestiniennes au sein des institutions françaises et européennes. La question de l’immunité parlementaire est également soulevée, ses contours restant incertains lorsque les propos incriminés ont été publiés hors de l’hémicycle, sur des plateformes numériques personnelles. Figure médiatique construite sur les réseaux sociaux autant qu’au Parlement européen, Rima Hassan devra désormais naviguer entre deux procédures judiciaires simultanées, dans un contexte où son image d’élue de rupture se trouve exposée à une pression inédite.




