Un TGV reliant Dunkerque à Paris est entré en collision avec un camion militaire à un passage à niveau de Bully-les-Mines, près de Lens, ce mardi 7 avril 2026 à 6h48. Le conducteur du train est décédé. Une enquête pour homicide involontaire aggravé a été ouverte.
Un choc violent à l’aube dans le Pas-de-Calais
C’est dans la commune de Bully-les-Mines, à proximité de Lens, qu’un TGV assurant la liaison Dunkerque-Paris a percuté de plein fouet un poids lourd immobilisé sur un passage à niveau. L’impact, survenu à 6h48, a été d’une violence telle que le train a parcouru plusieurs centaines de mètres avant de s’immobiliser, selon le préfet du département François-Xavier Lauch.
Le camion impliqué transportait un pont mobile des armées, matériel lourd dont la présence sur la voie ferrée soulève d’emblée de nombreuses questions sur les circonstances exactes de l’accident.
Un mort, seize blessés
Le bilan humain est lourd. Le conducteur du train, âgé de 56 ans, a perdu la vie dans la collision. Deux passagers ont été pris en charge en urgence absolue, mais le préfet a précisé que leurs jours ne sont pas en danger. Quatorze autres personnes ont été placées en urgence relative.
Les secours déployés sur place ont été considérables : 88 sapeurs-pompiers, six membres du SAMU, dix policiers ainsi que 40 salariés et bénévoles de la protection civile ont été mobilisés dans les heures suivant le drame.
Le chauffeur du camion en garde à vue
Le conducteur du poids lourd a été placé en garde à vue, a annoncé le procureur de la République de Béthune, Étienne Thieffry, lors d’un point presse. Une enquête pour homicide involontaire aggravé a été ouverte. Les investigations devront déterminer les circonstances précises qui ont conduit le camion à se retrouver sur la voie au moment du passage du train.
Les barrières ont fonctionné, les causes restent inconnues
Jean Castex, président de la SNCF et ancien Premier ministre, a tenu à apporter une précision importante : les barrières du passage à niveau ont parfaitement fonctionné. Cette déclaration oriente les premières hypothèses vers un franchissement du passage à niveau malgré les signaux d’alerte actifs, sans toutefois préjuger des conclusions de l’enquête.
Le patron de la SNCF a néanmoins reconnu que les conditions précises et les causes de l’accident du TGV ne sont pas encore établies à ce stade.
Une semaine de perturbations majeures sur le réseau
Sur le plan ferroviaire, les conséquences sont immédiates et durables. Jean Castex a confirmé que la voie ferrée sera fermée au moins une semaine. L’alimentation électrique a été coupée sur les axes Lille-Béthune, Lille-Lens et Lille-Douai. Le compte TER Hauts-de-France a alerté les voyageurs sur des perturbations très importantes sur l’ensemble de la zone Lille-Lens, au minimum pour toute la journée du 7 avril.
Des dizaines de milliers de voyageurs sont directement affectés par cette interruption de trafic dans l’un des corridors ferroviaires les plus fréquentés du nord de la France.
Avec France Télévisions et l’AFP



