Une rumeur très partagée sur les réseaux sociaux prête au président Paul Biya l’intention de placer son fils Franck Emmanuel Biya à la vice-présidence du Cameroun. Cette affirmation ne repose sur aucun acte officiel et devance une procédure constitutionnelle encore inachevée.
Par le journaliste Roland Olouba Oyabi depuis Libreville.
Ce qui s’est réellement passé au Parlement
Le weekend dernier, le Parlement camerounais a effectivement adopté une proposition portée par Paul Biya visant à réintroduire le poste de vice-président dans le système institutionnel du pays. Ce vote constitue une étape réelle et significative dans le processus législatif. Toutefois, il ne suffit pas à lui seul à créer la fonction : le texte adopté doit encore être promulgué par le chef de l’État pour acquérir force de loi.
La promulgation et la nomination : deux étapes encore à venir
Aucune promulgation présidentielle n’a été enregistrée à ce stade. Par conséquent, le poste de vice-président n’existe pas encore juridiquement au Cameroun. Et quand bien même le texte serait promulgué, cela n’implique pas automatiquement une désignation immédiate du titulaire du poste. Ces deux actes, promulgation de la loi et nomination d’une personnalité, sont distincts et ne se confondent pas.
Ce que prévoit l’actuelle Constitution camerounaise
En l’état actuel du droit, la Constitution camerounaise ne reconnaît pas de vice-présidence. En cas de vacance du pouvoir exécutif — qu’il s’agisse d’un décès, d’une incapacité ou d’une démission —, c’est le président du Sénat qui est constitutionnellement habilité à assurer l’intérim à la tête de l’État, le temps qu’une nouvelle élection soit organisée.
Franck Biya nommé ? Rien ne le confirme
Quant à la désignation du fils du président Franck Biya à ce futur poste, aucune source officielle, aucun communiqué de la présidence ni aucun acte gouvernemental ne vient l’étayer. Répandre cette information comme un fait accompli relève de la désinformation. Si le scénario d’une telle nomination est évoqué dans certains cercles politiques et médiatiques comme une hypothèse, il n’a à ce jour aucune existence dans la réalité institutionnelle du pays.
Pourquoi cette rumeur circule-t-elle avec autant de force ?
La question de la succession au pouvoir au Cameroun est un sujet sensible depuis de nombreuses années. Paul Biya, âgé de 92 ans et au pouvoir depuis 1982, n’a jamais désigné de dauphin officiel. Dans ce contexte d’incertitude, la moindre évolution institutionnelle nourrit les spéculations. Le vote parlementaire sur la réintroduction d’un poste de vice-président a ainsi suffi à enflammer les réseaux sociaux, où une information partielle s’est transformée en affirmation non vérifiée, rapidement amplifiée au-delà des frontières camerounaises.




