Libreville, le 16 mars 2026 — Les réseaux sociaux sont devenus le marché noir du foncier gabonais. Sur Facebook et WhatsApp, des escrocs proposent à prix bradé des parcelles inexistantes ou déjà attribuées, piégeant des acquéreurs de bonne foi qui y engloutissent parfois l’intégralité de leurs économies. Face à cette gangrène numérique, l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC) a choisi de quitter ses bureaux pour aller au-devant des citoyens. Le week-end dernier, ses équipes ont battu le pavé des communes de l’Estuaire, Libreville, Owendo et Akanda, pour une campagne de sensibilisation au contact direct des populations.
Des plaintes en cascade qui ont forcé l’action
L’initiative n’est pas tombée du ciel. Elle découle d’un afflux documenté de plaintes révélant des arnaques de plus en plus sophistiquées. « Au regard de toutes les plaintes reçues au sein de l’ANUTTC, la direction générale a trouvé opportun d’envoyer une équipe sur le terrain afin d’informer et de sensibiliser les populations sur cette arnaque, pour protéger les usagers », a déclaré Martine Claude Nte, responsable de la cellule de communication de l’agence. Un constat brutal : l’ignorance des procédures légales est devenue le fonds de commerce des fraudeurs, qui prospèrent dans le vide laissé par une information publique insuffisamment diffusée.
Owendo, Akanda, Libreville : tisser un maillage institutionnel anti-fraude
Au-delà du contact direct avec les citoyens, l’ANUTTC a rencontré les responsables des trois mairies concernées pour bâtir un réseau de relais institutionnels capables de vulgariser les procédures légales d’acquisition foncière. L’objectif est limpide : faire des communes les sentinelles de l’information officielle, orientant les habitants vers les canaux appropriés avant toute démarche d’achat. Car un terrain bradé sur les réseaux sociaux n’a, bien souvent, aucune existence légale, et aucun recours possible pour la victime qui s’est laissé berner.
Un message sans équivoque : passez par les voies officielles
En sortant de ses bureaux pour aller au-devant des citoyens, l’ANUTTC envoie un signal fort dans un contexte de défiance persistante envers les structures publiques. Son message est sans ambiguïté : toute acquisition foncière doit impérativement emprunter les voies officielles, sous peine de perdre à la fois son argent et ses droits. Avant de signer quoi que ce soit, chaque Gabonais est invité à se renseigner directement auprès de l’agence. L’institution de référence du cadastre gabonais a décidé d’être accessible, réactive et présente là où les escrocs sévissent.




