Lille, le 21 mars 2026 – Il y a des offres d’emploi qui ressemblent à des billets d’avion. Celle que la délégation générale du Québec à Paris a déployée ce week-end au salon Dom Tom Job de Saint-Denis en est une. Une quarantaine de postes dans l’enseignement public québécois, proposés aux Réunionnais qui auraient des envies d’ailleurs — à 14 000 kilomètres d’ici, dans une province francophone du Canada où les salles de classe attendent désespérément leurs professeurs. Pour Francis Gagnon, conseiller à la délégation générale du Québec à Paris, le message est simple : le Québec a besoin de vous, et il est venu vous le dire en personne.
Une province qui manque de bras, d’enseignants et de démographie
Derrière cette offensive de recrutement se cache une réalité démographique préoccupante. La croissance de la population québécoise est au ralenti : seulement 1,7 % en 2025, portée exclusivement par l’immigration. « L’accroissement naturel a fondu comme neige au soleil », reconnaît Francis Gagnon avec une franchise désarmante. Dans ce contexte, les secteurs en tension — enseignement, santé, orthophonie — aspirent des profils qualifiés comme un aspirateur géant. Le Québec entend accueillir 45 000 nouveaux arrivants permanents par an, et les enseignants francophones constituent une cible prioritaire.
40 postes, des profils variés, et la francophonie comme passeport
Les offres couvrent un spectre large : enseignants du primaire et du secondaire, spécialistes en adaptation scolaire, techniciens en éducation spécialisée, orthophonistes, et même enseignants en langue française pour le réseau d’écoles anglophones du Québec. Point crucial : les étudiants en fin de parcours formés dans les INSPE ou ISFEC français sont les bienvenus, sans qu’il soit nécessaire d’avoir passé le concours de professeur des écoles. « Ce qui est vraiment important, c’est le parcours académique », précise Gagnon. La francophonie, elle, sert de passeport universel. « La francophonie, c’est très important, raison pour laquelle nous voulons être présents sur ces territoires », justifie-t-il.
Avril, juin, août 2027 : un calendrier balisé pour les candidats
Le processus est clairement fléché. Les candidatures seront ouvertes en avril et mai 2026, les entretiens d’embauche — à distance — se tiendront en juin, et les prises de poste sont programmées pour août 2027. Entre les deux, le parcours d’immigration prendra de six à neuf mois. Une fois sélectionnés, les futurs enseignants pourront choisir leur région d’affectation dans toute la province, la délégation souhaitant aussi « promouvoir les emplois à l’extérieur de la métropole de Montréal ». La France et le Québec disposant d’ententes de reconnaissance des compétences dans plusieurs formations, la transition administrative promet d’être facilitée.
Troquer le soleil réunionnais contre la saison des sucres
Convaincre un Réunionnais d’échanger ses températures tropicales contre le froid canadien n’est pas une mince affaire. Gagnon n’esquive pas le sujet et joue l’offensive avec le sourire. « On a quatre belles saisons au Québec. En ce moment c’est le printemps, la neige fond, c’est la saison des sucres : les érables commencent à couler et on en fait notre sirop d’érable, notre petit trésor national. » Un argument sucré pour un exil qui l’est moins. Mais pour ceux qui rêvent d’horizons nouveaux, d’un système éducatif structuré et d’une aventure francophone à l’autre bout du monde, le Québec n’attend plus qu’une chose : votre candidature.




