À Libreville, la Journée Internationale des Droits de la Femme n’a pas seulement résonné dans les salles de conférence ou les tribunes officielles. Le lundi 9 mars 2026, c’est dans la cour de l’école publique d’Ozengué, les mains dans la terre et le sourire aux lèvres, que l’aumônerie la Conacce Chaplains a choisi de marquer l’événement à sa manière, profondément humaine et ancrée dans le concret.
Une mobilisation pensée bien en amont
L’initiative est portée par Louembet Odile, commandant d’aumônerie et coordinatrice provinciale de l’Estuaire, épaulée par son adjoint, le capitaine Louis Marie Mbega, et les membres actifs de l’équipe. Les préparatifs avaient débuté dès le 4 mars, avec une opération de nettoyage approfondi des installations sanitaires de l’établissement. Un geste symbolique autant que pratique, résumé avec conviction par la coordinatrice : remettre un cadre digne aux élèves, c’est déjà leur témoigner du respect.
Le 8 mars, journée officielle, a été consacrée à la préparation des sillons, créant une dynamique d’anticipation avant les plantations prévues le lendemain.
Planter pour apprendre, apprendre pour s’émanciper
C’est donc le 9 mars que l’événement a atteint son point culminant. Encadrés par les membres de l’aumônerie, les élèves ont découvert ou approfondi les gestes fondamentaux de l’agriculture vivrière : plantation de maïs, de manioc et de rejets de bananiers. Une initiation pratique, loin des cours théoriques, qui a suscité un enthousiasme manifeste dans les rangs des apprenants.
« J’ai appris à planter du maïs et du manioc, c’était vraiment intéressant », a témoigné Avome Ovono Christelle, élève de l’établissement, traduisant à elle seule la réussite pédagogique de la journée.
Pour Louembet Odile, le message est clair : autonomie alimentaire et droits des femmes sont deux combats indissociables. « Il est essentiel d’enseigner aux enfants comment cultiver leur propre nourriture », a-t-elle insisté, soulignant la dimension durable et émancipatrice de la démarche.
Une dynamique saluée, une ambition élargie
Le directeur de l’école, séduit par l’énergie déployée lors des éditions précédentes, a encouragé l’équipe à poursuivre et à élargir ses interventions à d’autres établissements de la capitale.
La Ccnacce entend répondre à cet appel. L’association confirme sa volonté de démultiplier ce type d’actions à travers la province de l’Estuaire, convaincue que l’éducation des jeunes générations aux savoirs pratiques constitue l’un des leviers les plus puissants pour construire une société plus équitable et plus résiliente.
En semant des graines à Ozengué, l’aumônerie a peut-être semé bien plus : l’idée qu’honorer les femmes, c’est aussi préparer l’avenir.














