Le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran a pris ce samedi 4 avril une dimension inédite et alarmante. Des frappes américano-israéliennes ont visé simultanément le secteur de la centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l’Iran, et un vaste complexe pétrochimique dans la province du Khouzestan, faisant des victimes et soulevant des inquiétudes mondiales sur la stabilité énergétique et nucléaire de la région. Depuis le déclenchement du conflit le 28 février, jamais les infrastructures stratégiques iraniennes n’avaient été frappées avec une telle précision géographique.
Bouchehr et Mahshahr : deux frappes qui font trembler la communauté internationale
Selon l’agence officielle iranienne Irna, « à la suite des attaques criminelles américano-sionistes, ce samedi matin, un projectile a touché une zone proche de la centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud-ouest » du pays. Un agent de sécurité a été tué dans cette frappe, qui n’aurait cependant pas endommagé les installations nucléaires elles-mêmes. Une distinction importante, mais dont la portée symbolique reste considérable : cibler les abords d’une centrale nucléaire civile constitue une escalade sans précédent depuis l’ouverture des hostilités. Simultanément, l’agence Fars rapportait que « des explosions puissantes ont eu lieu dans la zone pétrochimique spéciale de Mahshahr », dans la même province, blessant cinq personnes. « L’étendue des dégâts reste inconnue », a précisé le gouverneur adjoint de la région. Une cimenterie dans le sud du pays a également été touchée lors de cette même séquence de frappes coordonnées.
Un aviateur américain toujours recherché, un deuxième avion perdu dans le Golfe
La journée de vendredi avait déjà marqué les esprits avec l’écrasement en territoire iranien d’un chasseur-bombardier F-15E de l’US Air Force. L’un des deux occupants a été exfiltré lors d’un raid des forces spéciales américaines dans le sud-ouest du pays. Le sort du second demeure inconnu. La télévision d’État iranienne a diffusé des images présentées comme celles de l’épave, promettant une « généreuse récompense » à quiconque livrerait le pilote recherché. L’Iran et les États-Unis se retrouvent ainsi engagés dans une course parallèle pour retrouver cet aviateur sur un territoire en guerre. Par ailleurs, l’armée iranienne a revendiqué vendredi soir la neutralisation d’un second appareil américain, un avion d’appui aérien rapproché A-10 Thunderbolt II, qui se serait abîmé dans le Golfe. Le New York Times avait fait état de la chute d’un avion américain près du détroit d’Ormuz, précisant que son pilote avait été secouru sain et sauf.
Liban bombardé, Golfe sous tension, détroit d’Ormuz en voie de réouverture partielle
Le front libanais reste lui aussi actif. L’armée israélienne a de nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth ce samedi à l’aube, affirmant « frapper des infrastructures du Hezbollah ». Entraîné dans le conflit depuis le 2 mars, le Liban subit une offensive terrestre dans son sud et des bombardements répétés sur sa capitale. Dans les pays du Golfe, la guerre se fait également sentir quotidiennement : quatre personnes ont été blessées à Bahreïn par des débris de projectiles interceptés, tandis que deux immeubles ont été endommagés à Dubaï, dont celui de la société américaine Oracle. Sur la question vitale du détroit d’Ormuz, partiellement fermé depuis le 1er mars, quelques signaux d’ouverture apparaissent : un porte-conteneurs de la compagnie française CMA-CGM et un méthanier japonais ont emprunté le détroit jeudi pour la première fois depuis sa quasi-fermeture, tandis qu’un deuxième navire appartenant à un armateur turc l’a traversé avec l’autorisation de Téhéran.




