L’Union africaine a annoncé, le 25 mars 2026, la nomination d’un envoyé spécial chargé de soutenir le dialogue entre le Gabon et la Guinée équatoriale après la décision rendue par la Cour internationale de justice sur leur différend territorial. Cette démarche intervient plusieurs mois après un arrêt considéré comme déterminant pour l’avenir des relations entre les deux pays.
Le président de la Commission de l’organisation, Mahmoud Ali Youssouf, a confié cette mission au diplomate burundais Albert Shingiro. Celui-ci devra faciliter les échanges afin de parvenir à une application concertée et pacifique de la décision judiciaire.
Une décision juridique aux conséquences majeures
Le différend portait sur la souveraineté des îles Mbanié, Conga et Cocoteros, situées dans une zone stratégique du golfe de Guinée. Dans son arrêt du 19 mai 2025, la Cour internationale de justice a attribué ces territoires à la Guinée équatoriale.
Pour motiver sa décision, la juridiction internationale s’est appuyée sur des éléments historiques remontant à la période coloniale espagnole, avant l’indépendance du pays en 1968. Les arguments du Gabon, notamment fondés sur des accords postérieurs, n’ont pas été retenus.
Cette décision met un terme sur le plan juridique à un contentieux ancien, même si sa mise en œuvre nécessite encore des discussions entre les deux parties.
Une volonté commune d’apaisement
Malgré les enjeux, les autorités gabonaises et équato-guinéennes ont exprimé leur intention d’éviter toute escalade. Les deux États privilégient une approche fondée sur le dialogue et la coopération, dans un contexte régional sensible.
Cette orientation a été confirmée lors d’une rencontre organisée le 14 février 2026 sous l’égide de l’Union africaine. Les représentants des deux pays y ont réaffirmé leur engagement à appliquer la décision de manière concertée.
L’objectif est de préserver la stabilité dans le golfe de Guinée, une région à forte importance stratégique et économique, notamment en raison de ses ressources énergétiques.
Le rôle de médiation de l’Union africaine
En désignant un envoyé spécial, l’Union africaine entend jouer un rôle actif dans l’accompagnement de ce processus. L’organisation met en avant sa volonté de promouvoir des solutions pacifiques aux différends entre États membres.
Dans ce cadre, Albert Shingiro devra engager des consultations avec les autorités des deux pays afin de définir les modalités concrètes d’application de la décision de la Cour internationale de justice.
Le président de la Commission a souligné sa confiance dans l’expérience du diplomate pour contribuer à un règlement équilibré et durable de la situation.
Un test pour la coopération régionale
Au-delà du cadre strictement juridique, la mise en œuvre de cette décision constitue un enjeu majeur pour les relations entre le Gabon et la Guinée équatoriale. Elle représente également un indicateur de l’efficacité des mécanismes africains de gestion des conflits.
La priorité est désormais de transformer ce différend en opportunité de coopération. En accompagnant ce processus, l’Union africaine espère consolider la stabilité régionale et renforcer la confiance entre les deux États.
Ce dossier illustre ainsi les défis mais aussi les perspectives offertes par une approche diplomatique fondée sur le dialogue, le droit et la concertation entre pays voisins.




