La ministre d’État chargée de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, Camélia Ntoutoume Leclercq, a effectué le lundi 9 mars 2026 une tournée d’inspection sur plusieurs chantiers scolaires du Grand Libreville dans le cadre du Programme d’investissements dans le secteur éducation (PISE). Le bilan est contrasté, et le ton de la ministre, ferme.
Six sites inspectés, des résultats inégaux
La visite a couvert les chantiers d’Akébé 2, Ondogo, PK11 Rails, Bikélé, Nkoltang et Nkann Poussière. Ces sites s’inscrivent dans le cadre de la phase 2 du Programme d’investissement dans le secteur de l’éducation (PISE), un projet stratégique financé en partie par l’Agence française de développement (AFD) et destiné à renforcer les capacités d’accueil du système éducatif gabonais.
La ministre était accompagnée de l’ambassadeur de France au Gabon, Fabrice Mauriès, du directeur général de l’AFD, ainsi que des équipes techniques et des entreprises adjudicataires des marchés. Les chantiers concernent la construction d’écoles primaires avec sections pré-primaires, de nouveaux collèges et l’extension de lycées dans des zones confrontées à une forte pression démographique.
Si certains sites enregistrent une progression jugée satisfaisante, d’autres accusent des retards significatifs par rapport au calendrier contractuel. « Le sentiment est assez mitigé. Les établissements sont censés être livrés le 31 juillet 2026 », a déclaré la ministre, exprimant ouvertement sa préoccupation face au rythme d’exécution de certaines entreprises.
Des entreprises sommées d’être transparentes
Camélia Ntoutoume Leclercq a adressé un avertissement direct aux prestataires en retard. « C’est bien de vouloir avoir des chantiers, mais il faut avoir la sincérité de dire si vous avez la capacité réelle de construire en temps et en heure », a-t-elle affirmé, appelant les entreprises adjudicataires à plus de réalisme dans la gestion de leurs engagements.
La ministre a également évoqué la possibilité d’appliquer les pénalités de retard prévues dans les contrats, si les délais ne sont pas respectés d’ici à la date butoir fixée.
Un enjeu direct pour la rentrée scolaire
Les retards constatés ne sont pas sans conséquences. Toute livraison différée compromet l’organisation de la prochaine rentrée scolaire, notamment l’affectation des élèves et du personnel enseignant dans les nouveaux établissements. Dans plusieurs quartiers du Grand Libreville, les écoles existantes fonctionnent déjà au-delà de leurs capacités d’accueil normales. Chaque infrastructure non livrée à temps accentue cette saturation.
Le ministère de l’Éducation rappelle que le PISE constitue l’un des leviers prioritaires du gouvernement de transition pour moderniser et étendre le parc scolaire national. Les délais de livraison ne sont donc pas négociables, selon la ministre.
Une surveillance renforcée dans les semaines à venir
Cette tournée d’inspection marque clairement la volonté des autorités de maintenir une pression constante sur les acteurs du programme. De nouvelles visites de contrôle sont attendues dans les prochaines semaines pour mesurer les progrès réalisés sur les sites en retard et décider, le cas échéant, des mesures correctives à engager.














