Lille, mercredi 25 mars 2026 — L’islamologue suisse Tariq Ramadan a été condamné ce mercredi 25 mars à 18 ans de réclusion criminelle par la cour criminelle de Paris, qui l’a jugé par défaut et à huis clos pour des viols commis sur trois femmes entre 2009 et 2016. Reconnu coupable de viols et de viol sur personne vulnérable, l’accusé de 63 ans était absent de l’audience depuis l’ouverture du procès le 2 mars, ses avocats invoquant une hospitalisation à Genève liée à une prétendue poussée de sclérose en plaques. Une expertise médicale ordonnée par la cour avait cependant conclu à la « stabilité de la sclérose en plaques » sans signe de poussée récente, estimant que l’accusé pouvait comparaître. La présidente Corinne Goetzmann avait alors décidé de poursuivre les débats sans lui.
Trois victimes, trois affaires, une même condamnation
Les faits jugés couvrent une période de sept ans. Un viol aggravé, avec violences et sur personne vulnérable, commis sur une femme désignée sous le prénom d’emprunt « Christelle » à Lyon en octobre 2009. Un viol sur Henda Ayari, ex-salafiste devenue militante laïque, qui avait déclenché l’affaire en portant plainte en octobre 2017, commis à Paris en 2012. Et un troisième viol sur une autre femme, en 2016. Des faits que Tariq Ramadan a toujours contestés. La cour en a décidé autrement. « Consentir à la sexualité n’est pas consentir à tout acte sexuel quel qu’il soit », a souligné la présidente Goetzmann dans son prononcé, posant en termes simples mais absolus le principe fondamental qui a guidé la décision.
Mandat d’arrêt, suivi judiciaire et expulsion définitive du territoire français
Au-delà de la peine principale, la cour a prononcé une série de mesures complémentaires d’une portée considérable. Un suivi judiciaire de huit ans est ordonné, interdisant notamment à Tariq Ramadan d’entrer en relation avec les victimes et de diffuser tout ouvrage, œuvre audiovisuelle ou intervention publique portant sur les infractions retenues. Une interdiction définitive du territoire français est également prononcée, applicable à l’issue de la peine. Surtout, la présidente a maintenu et renforcé le mandat d’arrêt décerné à son encontre le 6 mars, précisant qu’il était émis « à exécution et diffusion immédiate ».
Une condamnation qui s’ajoute à celle de la justice suisse
Cette condamnation parisienne n’est pas la première à l’encontre de Tariq Ramadan. L’islamologue avait déjà été condamné par la justice helvétique pour le viol d’une femme en Suisse. La décision rendue ce mercredi à Paris vient ainsi alourdir un passif judiciaire devenu accablant pour celui qui fut pendant des décennies une figure intellectuelle influente dans les milieux islamiques européens. Absent des prétoires, présumé à l’étranger, Tariq Ramadan fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt actif. La justice a dit le droit. Reste à l’exécuter.




