Il y a des moments où un continent tout entier parle d’une seule voix. Ce moment semble être arrivé. L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, a officiellement manifesté son ambition de succéder à António Guterres à la tête de l’Organisation des Nations unies. Mais ce qui transforme cette candidature en séisme diplomatique, c’est la force du socle sur lequel elle repose : le président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a déposé son dossier au nom de l’ensemble du continent africain. Derrière cet homme, cinquante-quatre nations se lèvent comme un seul bloc, brandissant l’étendard d’une Afrique qui refuse désormais de regarder le monde depuis les coulisses.
Cette candidature n’est pas une simple ambition personnelle. Elle est le cri politique d’un continent trop longtemps relégué aux marges des grandes décisions mondiales. En choisissant Macky Sall comme fer de lance, l’Union africaine envoie un message aussi clair qu’un coup de tonnerre par ciel dégagé : l’Afrique est prête à tenir le gouvernail des affaires du monde, et elle a l’homme qu’il faut pour le faire. Fort de son bilan à la tête du Sénégal, où il a cultivé la démocratie comme un jardinier patient et semé les graines du développement économique, l’ancien chef d’État sénégalais traîne derrière lui une réputation de bâtisseur de ponts entre des rives que tout oppose.
Car l’ONU traverse une période de turbulences profondes. Les guerres s’éternisent, le changement climatique dévore les territoires, les inégalités creusent leurs sillons entre les nations riches et les peuples oubliés. L’institution onusienne a besoin d’un capitaine capable de tenir la barre dans la tempête, d’un négociateur aguerri qui sait transformer les confrontations en dialogues et les crises en opportunités. Macky Sall, rompu aux équilibres diplomatiques complexes et aux arbitrages entre intérêts divergents, incarne précisément ce profil rare : celui d’un homme qui rassemble là où d’autres divisent, qui apaise là où d’autres enflamment.
La course pour la succession de Guterres s’annonce néanmoins aussi âpre qu’un marathon en haute altitude. Le soutien africain, aussi massif et symbolique soit-il, ne suffira pas seul à ouvrir les portes du Secrétariat général. Macky Sall devra convaincre bien au-delà des frontières du continent, séduire les grandes puissances membres permanents du Conseil de sécurité, et naviguer dans les eaux glacées de la géopolitique mondiale avec la précision d’un pilote chevronné. Dans les mois à venir, les regards du monde entier seront braqués sur sa campagne. L’Afrique a planté son drapeau sur la scène onusienne. Reste à savoir si le monde est enfin prêt à lui passer le flambeau.














