Paris, dimanche 22 mars 2026 — Paris a rendu son verdict, et il ressemble à une page déjà connue. Ce dimanche 22 mars 2026, la capitale française a reconduit la gauche à l’hôtel de ville avec la régularité d’une horloge suisse. Le socialiste Emmanuel Grégoire, ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo, s’est imposé au second tour des élections municipales avec un score de 51 % des voix selon plusieurs instituts de sondage, soit une dizaine de points d’avance sur sa rivale de droite Rachida Dati. Un verdict sans appel, rendu à 21h10, qui sonne le glas des espoirs de l’ancienne ministre de la Culture.
Grégoire, l’héritier qui a su transformer un capital en victoire
La mécanique électorale de Grégoire a fonctionné comme une montre bien réglée. Dès le premier tour, il avait raflé 38 % des voix, installant une dynamique que rien n’allait déroger. En refusant tout accord avec la candidate insoumise Sophia Chikirou, au nom des valeurs, sans pour autant la pousser vers la sortie, il a déclenché un vote utile massif qui a aspiré l’électorat de gauche vers sa liste PS-Les Écologistes-PCF. Il a également récupéré une partie des voix centristes du qualifié Pierre-Yves Bournazel, dont la liste avait fusionné avec celle de Dati mais sans que celui-ci y figure personnellement. Une équation savamment dosée, exécutée avec la froideur d’un stratège.
Dati, le transfert de voix qui n’a pas eu lieu
Pour Rachida Dati, le calcul était simple : agréger les 25,48 % du premier tour, les 11,34 % de Bournazel, les 10,40 % de Sarah Knafo (Reconquête !) et espérer le grand soir. Le résultat, entre 38 % et 40 %, dit l’échec du transfert. L’ancienne ministre de la Culture n’était la seule candidate à droite qu’en théorie. Dans les urnes, les électeurs n’ont pas tous suivi la logique de bloc. Elle conserve néanmoins son mandat de maire du 7e arrondissement, décroché dès le premier tour. Devant son QG du 12e, l’amertume était palpable. « Je ne reverrai pas la droite au pouvoir dans cette ville de mon vivant », soupire Marc, retraité. Un étudiant de 19 ans, Romain, résume les craintes de son camp : « Il n’y aura bientôt à Paris que des pauvres et des riches. Les classes moyennes n’y ont plus leur place. »
61 % de participation : Paris s’est déplacé davantage qu’au premier tour
La mobilisation a surpris. Avec une participation estimée à plus de 61 %, supérieure aux 58,9 % du premier tour, les Parisiens ont voté avec une intensité rarement observée à ce stade d’une municipale. Un sursaut qui a profité mécaniquement à Grégoire, dont l’électorat traditionnel s’est mobilisé avec la conscience aiguë que rien n’était joué. Sophia Chikirou (LFI), elle, a payé le prix fort de ce vote utile, rétrogradant de 11,72 % au premier tour à moins de 10 % au second. À la Rotonde Stalingrad, où Grégoire avait réuni ses 200 journalistes accrédités et ses soutiens, dont l’ancien maire Bertrand Delanoë, la soirée avait l’allure d’une fête tranquille, celle de ceux qui savaient avoir gagné avant même de compter les voix.
27-29 mars : l’installation officielle du nouveau maître de Paris
L’installation d’Emmanuel Grégoire à l’hôtel de ville est programmée entre le vendredi 27 et le dimanche 29 mars. Selon les nouvelles règles électorales applicables à Paris, Lyon et Marseille, 25 % des sièges sont attribués à la liste gagnante, soit 41 sièges sur les 163 du conseil municipal. Les 122 restants sont répartis proportionnellement. Paris reste à gauche. La page Hidalgo est tournée. Celle Grégoire commence.




